La récente déclaration de l’Agence Juive considérant « scandaleuse » la décision papale de lever l’excommunication de quatre évêques intégristes parmi lesquels le Britannique William Richardson qui va jusqu’à nier l’existence des chambres à gaz, confirme l’illusion tenace et dangereuse du rapprochement de l’Eglise et de la Synagogue et, au-delà, remet en question la sincérité du pardon demandé par l’Eglise pour les crimes commis en son nom au cours de l’histoire.
Il y aurait scandale si l’Eglise avait modifié par cette attitude papale un parcours réparateur, une volonté délibérée de réparer le préjudice, en commençant, par exemple, la révision de ses bases théologiques disqualifiant Israël dans sa prétention à la messianité.
Or, seule cette remise en question apporterait crédit à l’amende honorable parce qu’elle extirperait de ce conflit la cause essentielle, le principe fondateur de l’anti-judaïsme, voire de l’antisémitisme.
Au lieu de cela, L’Eglise fait l’aumône méprisante d’attitudes ponctuelles, souvent opportunistes de regrets de la violence. Mais pouvait-elle faire moins après la Shoa ?
Jamais, l’Eglise, n’a reconnu qu’en écartant Israël de sa mission rédemptrice, elle inoculait le germe de l’antisémitisme et justifiait toutes les offenses à son égard.
La décision du pontife romain s’inscrit donc dans une cohérence théologique qui n’a jamais été soumise à débat.
Et tant que ce débat fondamental ne sera pas ouvert, tant que l’Eglise n’engagera pas sa responsabilité doctrinale dans l’explication des causes premières de l’antisémitisme, toutes ses approches resteront manœuvres hypocrites visant à des manipulations injurieuses et infâmantes pour des motifs ponctuels.
Tout comme Jacques Chirac a reconnu la responsabilité de l’Etat Français dans la collaboration avec le nazisme, (et non de tel ou tel dirigeant) tant que la plus haute voix de l’Eglise n’engagera pas l’Institution romaine sur la voie du rétablissement de la vérité, il ne faudra pas s’étonner que ce scandale permanent confirme la vocation de l’Eglise romaine à générer d’autres raisons de s’alarmer…
Pour illustration récente : certains attendaient après les propos outrageants du cardinal Renato Martino comparant Gaza à un « camp de concentration » que le pape fasse entendre sa voix. Le pontife a parlé mais pour… réintégrer quatre évêques intégristes !
Qu’en pensent les visionnaires de l’amitié judéo-chrétienne ?

1 commentaire:
Très juste.
Je pense toutefois que jamais l'église ne pourrait reconnaître une pareille responsabilité, et ce pour une raison toute existentielle.
Lorsque Jacques Chirac reconnaît la responsabilité de l’Etat Français dans la collaboration avec le nazisme, il ne remet pas en cause la raison d’être de la République. Il reconnaît une erreur.
Si d’aventure l’église affirmait “qu’en écartant Israël de sa mission rédemptrice, elle inoculait le germe de l’antisémitisme et justifiait toutes les offenses à son égard”, elle ferait bien plus que reconnaître avoir inoculé le germe de l’antisémitisme.
L’amende honorable exigerait en effet l’abandon de la cause ayant participé à l’enracinement de la haine, à savoir que l’église EST le nouvel Israël, discréditant par là même l’ancien.
Or une telle affirmation remettrait en cause le fondement même de la chrétienté et est donc de ce fait tout simplement inenvisageable.
Aussi, pour s’éviter l’écueil des vaines velléités d’amitié utopistes car dénuées de sens, l’amitié Judéo Chrétienne devrait donc à mon sens s’atteler à justifier la tradition Chrétienne sans nier la mission juive plutôt que de tenter de rapprocher deux peuples prétendant tous deux à l’élection.
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